DE LA PASSIVITE DES ETUDIANTS ET DU GOUVERNEMENT SUR LA REPRISE DES ACTIVES ACADEMIQUES FACE AU COVID-19.

UNIVERSITE DE GOMA (Source: free-apply.com)

Réalisé par: Thomas BUDIDA Fathos, MWADJUMA MUHIGIRWA Blondel et FAIDA PALUKU Claudine.

À  quand la reprise des activités académiques? Cette année sera-t-elle blanche ? Pourquoi le gouvernement reste passif jusqu’à ces jours ? Telles sont des questions que se posent les étudiants (surtout les finalistes) et parents des étudiants; mais des questions sans réponses.

Comme dans beaucoup de pays africains, la République Démocratique du Congo (RDC)  fait face à la pandémie du COVID-19 qui, depuis le mois de mars 2020 a causé la paralysie des maintes activités sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo y compris les activités académiques. Pour protéger la population, l’état d’urgence sanitaire a été décrété pour cette fin.

Etant donné que cet état d’urgence reste en vigueur dans notre pays, les mesures d’accompagnement de ce dernier sont restées inefficaces dans le sens où les établissements privés comme publics sont fermés et les étudiants, tous à la maison, exposés aux nombreux défis par manque d’encadrement constitutionnel.

Malgré les initiatives d’encadrement des enfants dans le confinement à travers des cours en direct sur les chaines télévisées, applications en ligne et des vidéo-conférences, ceux-ci se heurtent à d’innombrables obstacles tels que le non accès aux médias, le coût élevé de l’accès à internet et le manque considérable d’électricité.

De ce fait, il serait mieux d’envisager des stratégies efficaces et faisables sur la qualité de leur enseignement, vu les économies très fragilisées de la majorité des parents qui, pendant ces trois derniers mois ont été sans travail dans la perspective de sauver cette année scolaire et académique.

Le gouvernement ne fait qu’accumuler plus de retard dans le cadre où pendant ces trois mois de confinement les étudiants ont bien compris les mesures de prevention et/ou de lutte contre la propagation édictées par le gouvernement en collaboration avec le ministère de la santé.  Sans oublier que même avec l’arrêt des activités académiques, le nombre des contaminations ne fait que progresser du jour le jour. Ces mesures sont-elles efficaces?

Il est à constater également avec regret l’impossibilité de faire respecter les gestes barrières dont principalement la distanciation physique au regard de la capacité d’accueil réduite de la plupart des salles de classe et des auditoires qui est un frein à considérer. Mais si le port de masque et la distanciation sociale fonctionnent dans la mesure du possible, il est important d’envisager la reprise des cours.

Pour la plupart des étudiants, la passivité du ministre de l’enseignement supérieur n’est pas justifiée par le fait qu’il essaye de gagner du temps pour déclarer une année blanche. C’est pourquoi il serait important que le ministre se prononce sur la situation actuelle pour permettre aux étudiants de se focaliser sur l’essentiel car beaucoup d’entre eux passent leur temps devant les séries télévisées et se disent qu’ils ne vont plus étudier cette année.

“Le peuple se libère” disait Thomas SANKARA, mais que pensent et que font les étudiants actuellement dans cette situation ? “Qui ne dit mot consent”, dit-il. Sont-ils tous d’accord de la passivité du gouvernement? Tout pousse à croire qu’ils sont aussi passifs et ne réagissent pas pour réclamer la reprise des activités, ou soit proposer des solutions palliatives à ce problème comme dans d’autre pays.

Dans les lignes qui suivent, les réponses aux différentes questions adressées à l’opinion publique en fin de savoir ce que cette dernière pense à ce sujet.

Que pensez-vous de cette année académique ?

D’aucuns pensent qu’il s’agit d’une année qui ne laisse personne sans mot au regard de la crise sanitaire que tout le peuple congolais est entrain de faire face. Vu la manière dans laquelle la dite crise est en train d’être gérée, il s’agit d’une année sacrifiée au profil de lutter contre la COVID-19 qui jusque là reste une pandémie mystique ; certes, les autres estiment que cette année tend à devenir blanche du fait qu’elle est déjà élastique et que le gouvernement ne réagit pas. Et les autres soulignent encore que la reprise des cours aux universités ne pourra être possible que grâce au réajustement du calendrier académique en ce sens que nous approchons déjà  la fin de l’année académique encours et pourquoi pas le début de l’année académique nouvelle dans quelques mois.

Que dire de la passivité du gouvernement sur la reprise des activités.

Certains pensent déjà que son silence est devenu insupportable et le condamne car il y a des provinces et villes non touchées par la pandémie dans lesquelles les activités académiques restent suspendues alors que depuis le début de l’épidémie elles n’ont jamais recensé un seul cas. Ces provinces devraient reprendre les activités académiques le plus tôt comme nous avons fait des élections sans la ville de Beni, Butembo et Ituri de même les autres provinces devraient être épargnées.

Pouvons-nous croire que le silence du ministère de l’enseignement supérieur prouve en suffisance que l’État demeure incapable non seulement de contrôler la situation mais il s’avère incapable de disponibiliser des moyens nécessaires pour sauver l’année en cours comme dans d’autres pays. Qu’à cela ne tienne, le gouvernement se veut d’être prudent pour ne pas aggraver la situation car reprendre les cours sans avoir à priori maitrisé la situation serait aussi exposer les vies des étudiants quant à ce.

D’une autre part, il s’agit d’un silence coupable et que l’Etat devrait se prononcer pour rassurer les étudiants et les autres acteurs de l’enseignement supérieur et universitaire, car plus son silence reste sans justification moins les étudiants et parents sauront s’adapter à une réalité une fois l’année déclarée blanche. Vu que le gouvernement prend du temps, il leur  sera difficile de prendre une décision convenable et adéquate et rationnelle.

Plus souvent dans des situations compliquées, ils organisent des tables rondes, des pourparlers entre des parties concernées pour trouver une solution mais jusqu’à présent rien n’est fait entre les deux parties (étudiants et gouvernement) pour trouver une solution.

Que font les étudiants pendant cette période ? La rédaction des travaux de fin de cycle, la lecture des notes et livres ou devant leurs écrans en train de suivre LA CASA DE PAPEL et séries similaires, Le  Procès de 100 jours en direct a été un événement aimé de tous.

Cette période devrait permettre aux étudiants de se rattraper en lisant des notes pour éviter le stress, continuer à faire leurs travaux de recherche en les adaptant à la situation du moment car plus est toujours préféré à moins. Par contre les paresseux sont nombreux vu même le silence du gouvernement qui ne leur donne pas espoir pour la reprise des cours. Beaucoup sont occupés par les séries télévisées.

D’autres essaient de combiner les activités, un temps pour étudier et un autre pour le loisir pour éviter des crises dépressives. Certains parmi les finalistes rédigent leurs travaux malgré nombreuses difficultés liées à la fermeture de toutes les bibliothèques, le refus de beaucoup d’organisations et entreprises à fournir à certains étudiants de certaines facultés des données devant leur servir à la réalisation de leurs travaux, le coût élévé des livres en ligne (numériques). D’autre part, certains étudiants se donnent à la lecture de notes des cours mais sans motivation. Une très petite partie de non finalistes lisent leurs notes; la majorité d’étudiants sont devant leurs écrans (procès de 100 jours) et téléphones.

Faudra-t-il accepter une année blanche ? Que de multiplier la propagation du virus or en dépit de l’arrêt  des activités, la contamination reste toujours en progression arithmétique avec une raison moyenne de 58 cas par jour depuis la première contamination.

Certains pensent qu’il serait raisonnable d’accepter l’année blanche au vue de la situation actuelle comme le dit le principe du moindre mal: entre deux maux il faut choisir le moindre et à ce titre. Le meilleur choix serait d’accepter l’année blanche que de reprendre les cours tout en mettant la vie des étudiants en danger.

Néanmoins les autres  soutiennent l’idée selon laquelle il faudrait désormais apprendre à vivre avec ce virus. Son éradication n’est pas pour demain ou après-demain et donc reprendre avec les activités et pour les professeurs étant actuellement dans des villes à confinement total, l’enseignement à distance serait une solution pour cette dernière.

Nous pensons que l’on devrait voir comment privilégier les promotions finalistes en mettant en place des mesures strictes pendant les cours à l’Université ou carrément financer les cours en ligne. Pourquoi devrait-on continuer à retenir les gens avec ces mesures farfelues de confinement pendant que les cas continuent à s’ajouter du jour au lendemain? Si les occidentaux commencent à vaquer à leurs activités, eux qui avaient de milliers de cas, pourquoi pas nous qui avons de cas moins importants! Que les activités reprennent son allure normale!

A qui sera la responsabilité d’une année blanche ? Aux étudiants ou au gouvernement tenant compte de la passivité dans le deux champs ?

Il s’avère que la responsabilité de cette dernière incombera aux étudiants et au gouvernement dans le sens où beaucoup sont ceux qui se réjouissent de ce silence sans réclamer leur droit et le gouvernement qui ne tient pas compte du retard accumulé et qui, avec le temps, sera difficile de rattraper, mais aussi qui cherche à politiser la pandémie sans chercher des pistes de sortie de la crise

D’abord, il faut préciser ici que le Covid-19 est un cas de force majeure. L’avis partagé par la plupart est que, la responsabilité de l’année blanche (si du moins il y aura) incombe au gouvernement qui est l’acteur principal de la bonne marche du système sanitaire, économique… d’un pays. L’État avait tout le temps de prendre toutes les mesures nécessaires pour qu’on n’en arrive pas là où nous sommes aujourd’hui, mais il est resté naïf dans la prévention. En aucun cas les étudiants en sont responsables car c’est une affaire d’État, bien que cela ne dépende pas de la volonté manifeste du gouvernement.

Le COVID-19 n’est une émanation ni de l’un, ni de l’autre. Par conséquent parler de passivité du gouvernement est trop dire. Le gouvernement est plutôt dépassé par l’événement et à cours d’idées pour contourner les effets de la pandémie. Les étudiants ne sont pas dans une partie de plaisir ou dans des vacances. D’où l’important n’est pas de chercher le responsable de la catastrophe mais plutôt les étudiants devraient proposer aux dirigeants des pistes de solutions concrètes et réalistes pour sauver l’année. Si ils ne suivent pas les recommandations et ne réalisent rien d’autre en retour, là ils devront répondre de leurs inactions d’où une partie de la responsabilité des étudiants.

Quelles mesures prendre si cette année est déclaré blanche ?

Une année blanche serait la pure erreur qu’on aurait faite. Il y aura une accumulation des problèmes car les étudiants n’accepteront pas perdre leur année académique et leur argent déjà payé en même temps. Le gouvernement devra trouver une solution adéquate pour apaiser les cœurs des étudiants pour ne pas avoir des grèves sur toute l’étendue de la RDC.

Tenant compte de la situation actuelle de la population, reconduire les frais académiques déjà payés (en cas d’une année blanche) serait penalisant vu que la plupart de la population se retrouve dans une situation de chômage involontaire causée par cette crise sanitaire. Par contre cette mesure serait possible dans les institutions publiques mais dans les institutions privées c’est très compliqué vu qu’elles vivent au dépens de ces frais.

Une autre solution serait que reconduire les frais déjà payés se veut être impossible mais les frais de l’année académique prochaine devraient être revue à la baisse et le gouvernement devra combler le reste en incluant un plan d’aide aux institutions étatiques.

Que seraient les mesures préventives pour sauver l’année académique. ?

Ø  Sur le plan logistique, le gouvernement devrait disponibiliser des moyens conséquents pour la riposte. Sur le social, le gouvernement devrait prendre en charge les frais académiques restants sur toute l’étendue nationale au vue de la situation actuelle dans laquelle beaucoup de familles n’arrivent plus à satisfaire le minimum vital, vu que la plupart ont perdu l’emploi et le commerce n’arrive plus à rapporter le gain espéré pour certains. Sur le plan psychologique, les étudiants devraient s’engager dans le respect strict des mesures barrières afin d’éviter de nouvelles contaminations dans les institutions académiques.

Ø  Exiger le port des masques, meilleures conditions d’hygiène, etc. Pour les enseignants on peut donner les cours aux plus jeunes et ceux qui sont physiquement en forme et reprendre avec les activités.

Ø  Au stade actuel, il faudrait réaménager le calendrier académique tout en fusionnant avec l’année académique prochaine.

Ø  Libérer au moins les provinces non touchées, que les cours reprennent mais tout en respectant les mesures et consignes barrières.

De ce qui précède, la grande responsabilité revient au gouvernement qui doit décider de l’avenir de sa population ; néanmoins pour sauver cette année l’implication de ces deux parties (étudiants et gouvernement) serait efficace,  parce qu’on ne sait pas si cette situation durera combien de temps étant donné que les scientifiques n’ont pas encore approuvé jusqu’à présent une solution curative de cette pandémie.

Une population non éduquée est aussi dangereuse que le virus corona. Le gouvernement devra prendre conscience de cela. Il est à constater que la passivité des étudiants et du ministre de L’ESU est justifiée en ce sens que seul le président du pays a le droit de décider à quand la reprise des activités académiques car c’est lui qui s’était prononcé pour mettre une pause à toutes les activités.  Il y a une forte probabilité que l’année académique devienne blanche car même si les activités reprennent, il y aura des grèves intempestives des enseignants qui dans cette période difficile n’ont pas été pris en charge,  et à la rentrée ils voudront avant tout se voir payés. Que dire avec cette situation économique observée? Déjà un défi probablement s’observe au niveau de notre  budget (à vérifier). Comment seront-ils payés ? Et si l’année s’avérait blanche,  comment réagiront ces étudiants finalistes qui sont déjà à la porte de sortie pour être lancer sur le  marché du travail?  Que dire de ces parents qui avaient déjà payé toute la totalité des frais académiques?

Nous  suggérons que le ministre de L’ESU se prononce pour informer l’opinion publique si l’année sera blanche ou non, afin que les étudiants sachent réellement comment se comporter.  À notre niveau, le réaménagement du calendrier académique le plus tôt possible reste la solution rationnelle et adéquate.

6 Responses

  1. Benjamin Cisagara says:

    Belle lecture

  2. JOSUÉ MUNEKE says:

    A mon avis, le gouvernement qui a décrété l’état d’urgence sanitaire a une marge des réponses caché autours des questions sensibles Telles que la réouverture des écoles.
    Cependant, du point de vue sociale, l’éducation des enfants est en cours d’effondrement voir d’une chute qui ne pourra être rattrapable que si le gouvernement lance les préparatifs d’une nouvelle année. Si nous essayons de privilégier les finalistes, les préfinalistes risquent d’être négativement affectées voir se révolter par la dite mesure ; si le gouvernement prononce une année blanche, il risque de faire face à une résistance totale de la part des jeunes étudiants et élèves, c’est pourquoi leurs silence ne fait que le protéger face à ce défis sous couverture de riposte à la pandémie.

  3. Samuel Mbuluku says:

    Cette question de passivité surtout du côté du gouvernement regorge des zones d’ombres que dernier endosse l’entière responsabilité, certes la santé passe avant tout, mais faut se rendre dans un marché pour comprendre la mauvaise foi de notre gouvernement face à la réouverture des écoles et universités pire encore les provinces non touchées jusque là…

  4. Dieudonné NKONGOLO says:

    Je tiens à féliciter l’équipe pour ce travail de titan. Vous êtes braves.

    Au fait, au vu de la situation actuelle, une année blanche se dessine… Le ministre de l’ESU renvoit la balle au Président de la République, seul garant du bon fonctionnement des institutions du pays, oubliant que ce dernier ne prend de décision qu’après avoir concerté le ministre de tutelle et les conseillers de la Présidence.

    Le silence des étudiants laisse à désirer et l’indifférence des autorités universitaires est surprenante…

    Année blanche ou pas année blanche, cela devrait découler d’une concertation entre les parties prenantes au débat (gouvernement, autorités universitaires et étudiants).

    Le Président de la République prendra de décision tenant compte des recommandations qui sortiront de ces assises.

    Comment tenir des telles assises dans le contexte actuel de la Covid-19 où tout rassemblement de plus de 20 personnes est prohibé ?
    Eh bien, je crois que les NTIC peuvent répondre à cette question.
    Une visioconférence ferait sans doute l’affaire… Les charges de cette activité devraient être supportées par le gouvernement s’il se veut sérieux et digne.

    Ceci constitue ma contribution à la question.
    Merci aux camarades géniteurs de cette belle esquisse scientifique.

    Dieudonné NKONGOLO, Université de Mbujimayi/Faculté des sciences économiques et de gestion.

  5. Budida Fiskath says:

    Je félicite les auteurs de cet article et plus particulièrement à Thomas Budida.

    D’entrée de jeu, comme nous pouvons tous le constater, l’année académique 2020-2021 devrait commencer en octobre justement le 15, c’est-à-dire dans 3 mois tout au moins. Alors, signalons d’abord ici que cette pandémie est un cas de force majeure qui n’a été voulue ni par le gouvernement ni par la population Congolaise en général et le corps estudiantin en particulier.

    Quid de la responsabilité d’une année qui s’avère blanche ou non!!?
    A mon avis, cette responsabilité serait de nature partagée, bien entendue une grande partie incombe au gouvernement parce que, celui-ci aurait pu prendre les mesures nécessaires depuis l’apparition du premier cas le 10 Mars dernier, mais il a fallu attendre 9 jours, pour que l’état d’urgence intervienne, cela a beaucoup facilité et accéléré même la propagation du virus au travers des contacts que la (les) personne(s) contaminé(es) a(ont) eue(s). S’il faut pousser le raisonnement plus loin, il faut tout simplement dire ici que le gouvernement aurait dû interdir depuis le début de l’apparition du virus en Chine, les vols internationaux surtout ceux qui proviennent des pays les plus touchés, bien sûr que cela aurait eu des repercussions sur l’économie de notre pays mais cela aurait été mieux que c’est que nous sommes en train de traverser aujourd’hui. On aurait moins de cas et peut être les activités académiques n’auraient pas été interdites.
    S’agissant de la part de responsabilité de la population, il faut souligner ici que le non respect des gestes barrières constitue l’une des causes de la persistance de cette maladie.

    Alors, le monde académique n’est exempté de cette situation étant donné que le virus ne choisit pas le lieu de contamination. Le gouvernement doit absolument faire le nécessaire pour que les activités académiques reprennent le plus vite possible pour sauver cette année, bien que c’est un peu compliquer mais c’est faisable. Si les pays les plus touchés déconfinnent et les activités reprennent petit à petit , à fortiori nous qui avons moins des cas qu’eux. C’est encore possible que de sauver cette année.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *